Vous vous apprêtez à faire poser une borne de recharge chez vous et un installateur vous promet un devis attractif. Avant de signer, une seule question compte vraiment : est-il réellement qualifié IRVE ? Ce n'est pas un détail administratif. C'est ce qui conditionne la légalité de l'installation, votre TVA à 5,5 %, la validité de votre assurance et, in fine, votre sécurité électrique.
La bonne nouvelle : vérifier cette qualification prend moins de trois minutes, gratuitement, sur des annuaires officiels. La mauvaise : la plupart des particuliers ne le font jamais et découvrent le problème le jour d'un sinistre ou d'un redressement de TVA. Voici la méthode exacte, les pièges à connaître et ce que signifient concrètement les mentions P1, P2 et P3.
Pourquoi la qualification IRVE est obligatoire au-dessus de 3,7 kW
La qualification IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) n'est pas un label commercial optionnel. Elle découle du décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017, qui transpose une directive européenne. Ce texte impose que toute borne de puissance supérieure à 3,7 kW soit installée et maintenue par un professionnel titulaire d'une qualification IRVE délivrée par un organisme accrédité.
Le seuil de 3,7 kW est décisif. En dessous, on reste sur une simple prise renforcée que la loi tolère sans qualification spécifique. Au-dessus — c'est-à-dire dès qu'on parle d'une vraie borne murale de 7,4 kW, la puissance standard en maison individuelle — l'IRVE devient obligatoire. Autrement dit : pour la borne que vous voulez réellement installer, un électricien lambda sans qualification IRVE n'a pas le droit d'intervenir.
La conséquence est concrète. Une borne 7,4 kW posée par un installateur non qualifié est une installation non conforme au décret. Cela vous expose en cas de contrôle, complique la prise en charge par l'assurance en cas de sinistre, et vous prive du taux de TVA réduit. Vérifier la qualification, ce n'est donc pas de la méfiance : c'est protéger votre installation et votre budget.
La méthode en 3 minutes : l'annuaire Qualifelec
La façon la plus rapide de vérifier un installateur est de passer par l'annuaire officiel Qualifelec, l'organisme qui délivre la majorité des qualifications IRVE en France. La recherche est publique, gratuite et immédiate.
Rendez-vous sur annuaire.qualifelec.fr (ou le moteur de recherche data.qualifelec.fr/recherche). Saisissez le nom de l'entreprise, son code postal ou, idéalement, son numéro SIRET — c'est le critère le plus fiable, car deux entreprises peuvent porter un nom proche. Vous obtenez alors la fiche du professionnel avec ses qualifications en cours et leur validité.
- Cherchez la mention IRVE explicite sur la fiche, avec le niveau associé (P1, P2 ou P3).
- Vérifiez la date de fin de validité : un certificat expiré ne vaut rien légalement. Une qualification se renouvelle périodiquement.
- Contrôlez que le SIRET de la fiche correspond exactement à celui du devis que vous avez reçu, pas seulement au nom commercial.
- Demandez directement à l'installateur son numéro de certificat IRVE. Un professionnel sérieux le communique sans hésiter ; un refus ou une esquive est un signal d'alerte.

Qualifelec ou Qualibat : quelle différence ?
Vous croiserez deux noms d'organismes de qualification : Qualifelec et Qualibat. Les deux sont accrédités et peuvent délivrer une qualification IRVE valable au sens du décret 2017-26. Ce ne sont pas des concurrents à départager, mais deux voies légitimes.
Qualifelec est l'organisme historiquement spécialisé dans le génie électrique ; sa mention IRVE est la plus répandue chez les installateurs de bornes. Qualibat couvre plus largement les métiers du bâtiment et propose également une qualification pour les bornes de recharge. Un installateur peut donc être qualifié via l'un ou l'autre — l'essentiel est que la qualification IRVE apparaisse bien, à jour, sur l'annuaire de l'organisme concerné.
Le réflexe à avoir : demandez à l'installateur par quel organisme il est qualifié, puis vérifiez sur l'annuaire correspondant. Ne vous contentez pas d'un logo affiché sur un site web ou une plaquette. Un logo se copie ; une fiche d'annuaire officielle, non.
Niveaux P1, P2, P3 : lequel pour une borne de maison ?
La qualification IRVE se décline en trois niveaux de complexité croissante. Comprendre lequel vous concerne évite de payer pour une compétence surdimensionnée ou de douter à tort d'un installateur parfaitement en règle.
Pour une maison individuelle avec une borne murale de 7,4 kW en monophasé, le niveau P1 suffit. Il couvre précisément les installations simples en habitat individuel, sans supervision ni communication entre bornes. C'est le cas de figure de l'immense majorité des particuliers. Un installateur qualifié P1 est donc pleinement habilité à poser votre borne à domicile.
- P1 : installations simples en habitat individuel (la wallbox de votre garage). C'est le niveau requis pour une maison.
- P2 : projets plus techniques — habitat collectif, tertiaire, parkings partagés, bornes communicantes et supervision.
- P3 : englobe P1 et P2, et ajoute la recharge rapide en courant continu. Réservé aux stations et projets lourds.
- Un installateur P1 ne peut pas réaliser des travaux P2 ou P3, mais l'inverse est vrai : un P2 ou P3 couvre parfaitement votre borne de maison.
Le lien direct avec votre TVA à 5,5 % et votre assurance
En 2026, il n'existe plus d'aide résidentielle nationale pour une borne en maison individuelle : le crédit d'impôt a pris fin au 31 décembre 2025 et la prime ADVENIR ne concerne plus que la copropriété et le collectif. Le seul avantage fiscal résiduel pour un particulier en maison est le taux de TVA réduit à 5,5 %.
Or ce taux de 5,5 % est directement conditionné à la qualification IRVE de l'installateur. Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être réunies : la borne doit être installée par un professionnel qualifié IRVE, la fourniture du matériel et la pose doivent figurer sur une seule et même facture, et l'installation doit respecter la norme NF C 15-100. Si un prestataire pose une borne que vous avez achetée ailleurs, ou s'il n'est pas qualifié, vous basculez à 20 % de TVA. La qualification n'est donc pas qu'une formalité : elle a un impact chiffré sur votre facture finale.
L'assurance suit la même logique. Une installation réalisée hors cadre légal — borne 7,4 kW posée sans qualification IRVE — peut être opposée en cas de sinistre lié à l'installation électrique. Vérifier la qualification avant signature, c'est verrouiller à la fois votre avantage fiscal et votre couverture. Chez Horizon, la pose est réalisée par des artisans certifiés IRVE, avec TVA 5,5 %, garantie décennale de 10 ans et intervention sous 10 jours.
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Comment savoir si un installateur est certifié IRVE ?
Rendez-vous sur l'annuaire officiel annuaire.qualifelec.fr (ou data.qualifelec.fr/recherche) et cherchez l'entreprise par son SIRET, son nom ou son code postal. La fiche affiche les qualifications en cours, dont la mention IRVE et son niveau. Vous pouvez aussi demander directement le numéro de certificat à l'installateur : un professionnel sérieux le communique sans réticence.
La qualification IRVE est-elle vraiment obligatoire pour une borne à domicile ?
Oui, dès que la borne dépasse 3,7 kW, ce qui est le cas de toute borne murale standard (7,4 kW). Le décret n° 2017-26 impose que l'installation soit réalisée par un professionnel qualifié IRVE. En dessous de 3,7 kW, seule une prise renforcée est concernée et la qualification n'est pas exigée.
Quelle est la différence entre Qualifelec et Qualibat ?
Ce sont deux organismes accrédités qui peuvent tous deux délivrer une qualification IRVE valable. Qualifelec est spécialisé dans le génie électrique et sa mention IRVE est la plus courante chez les poseurs de bornes ; Qualibat couvre plus largement le bâtiment. Demandez à votre installateur par lequel il est qualifié, puis vérifiez sur l'annuaire correspondant.
Le niveau P1 suffit-il pour installer une borne dans ma maison ?
Oui. Le niveau P1 couvre les installations simples en habitat individuel, ce qui correspond exactement à une borne murale de 7,4 kW dans un garage ou sur une façade de maison. Les niveaux P2 et P3 concernent les projets collectifs, tertiaires ou de recharge rapide, et ne sont pas nécessaires pour un particulier en maison.
Que se passe-t-il si mon installateur n'est pas qualifié IRVE ?
L'installation d'une borne supérieure à 3,7 kW par un professionnel non qualifié est non conforme au décret 2017-26. Vous perdez le droit à la TVA à 5,5 %, votre assurance peut opposer la non-conformité en cas de sinistre lié à l'installation électrique, et vous vous exposez en cas de contrôle. C'est pourquoi la vérification préalable est essentielle.
Un certificat IRVE peut-il être expiré ?
Oui, la qualification IRVE se renouvelle périodiquement et un certificat expiré n'a plus de valeur légale. Sur l'annuaire Qualifelec, vérifiez toujours la date de fin de validité et pas seulement l'existence de la mention. Une entreprise autrefois qualifiée n'est pas forcément en règle aujourd'hui.